Organisé par la Royal Society for the Encouragement of Arts, Manufacture and Commerce, qui comptait comme membre illustre le prince Albert, époux de la reine Victoria, l'événement avait pour dessein de célébrer le progrès industriel dont le Royaume-Uni était alors le leader.
Pour l’accueillir, on décida d’édifier un bâtiment spécial à l'existence temporaire. Sa conception fut confiée à Joseph Paxton, jardinier-paysagiste renommé, qui dressa les plans d’un immense palais de verre au caractère innovant pour l'époque par son recours à des éléments préfabriqués standardisés.
Ainsi ne fallut-il que quelques mois pour voir sortir de terre le Crystal Palace à Hyde Park où pas moins de cent mille objets en provenance du monde entier devaient être rassemblés, pour moitié de l’Empire britannique lui-même, la France étant à sa suite la plus importante contributrice.
Dans le cadre d’une décoration somptueuse, cette myriade d'objets comprenait des machines, des outils ou des ustensiles ménagers, des produits textiles, de la porcelaine, de la verrerie, etc., ainsi que des œuvres d’art et des curiosités comme le fameux Koh-i-Noor – diamant « confisqué », selon la terminologie officielle, par la Compagnie britannique des Indes orientales au régime sikh en 1850 avant finalement d'être offert à la reine Victoria – dans l'idée, je suppose, de glorifier les vertus du Libre-échange.
Au cours des six mois qu'elle dura, l'exposition vit les visiteurs affluer du royaume britannique comme du continent. Le total de ceux-ci atteignit les six millions. C'est à la suite de ce formidable succès que les grandes expositions devaient fleurir partout en Europe et aux États-Unis, puis dans le reste du monde jusqu’à aujourd’hui. Pour l'anecdote, la tour Eiffel fut édifiée à l'occasion d'une entre elles à Paris en 1889.
Comme nous l’avons mentionné, il était prévu que le Crystal Palace soit démantelé à la fin de l’exposition. Toutefois, un consortium le racheta et le remonta, avec des modifications, à Sydenham Hill non loin d'Hyde Park. Un incendie mémorable devait finalement en causer la destruction en 1936 et ainsi enrichir – pour ainsi dire – l'histoire de Londres en la matière.
13 novembre 2013

